Il y a trois semaines, j'ai reçu un appel de ma mère. Elle me demandait de réserver mon samedi 1er février à partir de 16h30. N'étant pas enclin en ce moment à me poser la moindre question sur mon devenir proche ou lointain, j'ai accepté, noté le rendez-vous sur mon agenda, et oublié.

Le matin même, elle m'a contacté à nouveau pour me demander de préparer mes affaires de yoga. C'est une pratique que j'adore habituellement, mais là, je n'en avais pas envie. Je n'ai rien dit, j'ai confirmé que je serai prête et j'ai rassemblé tapis, plaid, sangle et porte-feuille dans un sac.

J'ai traîné des pieds toute la journée parce que je ne voulais pas sortir de chez moi, rencontrer d'autres personnes, montrer mon désarroi, blablabla... et finalement, à l'heure convenue, nous étions toutes deux dans la voiture en direction d'Auch.

Une fois là-bas, nous sommes entrées dans une yourte avec un parquet bois, des murs beige très clair striés de cordes croisées en losange. Des participants étaient déjà assis sur leurs tapis, roulés dans leurs plaids. Contre le mur, sur un espace, légèrement plus large que mon bureau, des instruments étaient posés. La lumière tamisée faisait scintiller les métaux des gongs et cymbales, dont les reflets dorés illuminaient le cercle. Le handpan se distinguait par son format et ses teintes qui l'apparentaient davantage à la terre, d'un marron chocolat au bronze brillant.

Je me suis installée et après un temps de centrage, nous nous sommes allongés et le musicien à commencer à jouer, intuitivement, de ses instruments. Il les alternait, laissant chanter la flûte, puis résonner le tambour, s'écouler les billes, s'entrechoquer les graines du chimes, donnant à la musique un aspect liquide, fluide. Les notes se libéraient dans l'espace, virevoltant entre les participants, offrant à notre esprit une danse que nous seuls pouvions agrémenter de notre être. Les sons se sont propagés dans l'air, modifiant, modulant sa texture, pénétrant jusqu'à nos tympans, tambours de l'Homme aux portes de l'âme... et je suis partie, j'ai glissé dans mon imaginaire, j'ai vu des cascades merveilleuses, des pirogues au milieu de la rivière, des masques africains et des visages jaunes, blancs ou noirs. Le tambour océan m'a réveillé, ramenée dans mes ténèbres, le vent, la pluie, l'océan tout entier m'ont engloutie, le son était intrusif, ma bulle prenait l'eau, la rage de la tempête l'avait fendue... et puis le calme, le retour aux sons limpides, doux, mélodieux.

 

A mon "réveil", je n'ai pas cru qu'une heure s'était écoulée. 

Les images sont restées, alors j'ai commencé à les coucher sur papier, pour ne pas les oublier. C'est rare que je m'en souvienne si longtemps. Ce sont des cartes postales que je m'envoie et que je vous offre à voir. Ce voyage sonore était fantastique. Il m'a permis de me centrer, le temps de quelques jours, le temps de fixer ces visions.

Un voyage sûr, un voyage en soi, un voyage pour soi.

Voyage sonore
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